Ecriture quand tu nous tiens

Comme vous le savez, j’aime bien écrire, j’ai une imagination plutôt débordante et je me suis déjà laissée aller sur le Net à partager mes écrits que vous pourrez pour la plupart retrouver dans les fins fonds de ce blog.

Il y a environ 1 mois, j’ai découvert sur le site Libre Lam’ un livre intitulé les Noénautes. La méthode de parution m’a semblé tout à fait originale : un épisode quatre fois par semaine.

En découvrant cette méthode je me suis immédiatement mise à penser que moi aussi je pourrais le faire ! A un rythme d’un épisode par semaine, écrire pour une fois une histoire qui avancerait chaque semaine progressivement, en prenant (éventuellement :P ) en compte les commentaires de mes potentiels lecteurs et lectrices.

Et je pense que cette première semaine de juillet, qui approche à grand pas, sera également la semaine de parution de cet épisode.

Vais-je reprendre le thème des Mortys ? Heroic-fantasy, fantastique ou policier ? Cela fait pas mal de questions et je vous assure, les idées se bousculent dans tous les sens dans ma tête et le choix va être difficile.

Mais il y a déjà une réponse, les textes seront libres, sous licence Creative Commons 0 (alias CC0). Rien de surprenant pour ceux qui me connaissent bien ;-) .

Le retour des Mortys

Le texte du jour sera assez gore je vous préviens. Je l’ai écrit dans le cadre d’un carrousel des inspirations (toujours pour le forum des studios WereWolf). Voici la vidéo sur laquelle on devait prendre inspiration :

Vous l’aurez compris, un thème assez sombre sur les poupées. Je ne suis pas une grande fan de ces dernières et encore moins celles qui font peur mais je pense avoir plutôt bien répondu. Bonne lecture !

La légende raconte que la sorcière des glaces avait lancé sa horde de Flocanins sur les armées royales de Flamaria. Les généraux ne savaient que faire face à leur puissance et leur sauvagerie. Le sang coulait sur la plaine où, il y a encore peu de temps, couraient et jouaient les enfants. Les Flocanins hurlaient de joie et de rage tels des loups affamés communiquant avec leur meute.

L’atmosphère se faisait de plus en plus lourde et glaciale. Les soldats de feu se faisaient éventrer les uns après les autres. Le roi Cendrinos était désemparé, la forteresse royale de ses ancêtres était sur le point de céder face aux sbires de la reine des glaces. Quel pacte maléfique avait-elle donc pu passer pour disposer d’une telle puissance !?

Soudain, les Flocanins stoppèrent le massacre, ils étaient stupéfiés. Les soldats de feu l’étaient également. Comme par magie, au milieu du bain de sang qui servait de champs de bataille, une femme était apparue. Ses cheveux rouge sang virevoltaient dans le vent. Son visage fin était marqué d’une marque tribale rouge en forme de larme juste en dessous de son œil gauche.

C’était à la vue de ce tatouage que les Flocanins avaient cessé le combat. Ils avaient reconnu le symbole d’un clan qui, il y a des milliers d’années, était plus redouté que la sorcière des glaces elle-même : le clan éteint des Mortys. Le silence qui régnait fut interrompu par la jeune femme.

« Je me prénomme Argrune ! Roi Cendrinos, je viens à vous comme l’ont fait, il y a fort bien longtemps, mes ancêtres afin de vous offrir ma protection. Vous avez su entretenir notre ancien monastère, la cité de Flamaria pendant que nous nous ressourcions. Le sang de cette guerre m’a éveillé, le reste des Mortys ne tardera pas à sentir l’appel que j’ai ressenti. Portez-vous encore l’anneau sanguinaire ? » demanda-t-elle.

La jeune femme sembla fixer le roi d’un regard qui, d’après les personnes qui purent témoigner, flamboyait comme des rubis au soleil encerclés de flammes.

Le roi Cendrinos qui semblait ne pas avoir compris la question se mit à crier de douleur, l’anneau de sa main droite était devenu brillant, comme si son métal était chauffé à blanc.

« Celui-là même ! » dit Argrune en esquissant un sourire.

Sans rien dire de plus, elle mit sa main dans la mare de sang qui se trouvait à ses pieds. Les Flocanins se mirent à hurler de douleur. Quelque chose bougeait en eux, leur sang se mettait à bouillir. Dans leurs entrailles, une poupée mortys était en train de naitre et les écartelait de l’intérieur. Des milliers de poupées au regard rougeoyant s’étaient maintenant frayé un passage à travers les côtes de leur victime. Il ne restait que des morceaux d’os et de chair à la place des ennemis de Flamaria. C’est ainsi que revint la famille royale originelle, les Mortys, également appelée le clan aux poupées de sang.

Petite note pour finir, ce n’est probablement pas la dernière fois que vous entendez parler d’Argrune et des Mortys. Ça vous plairait que je fasse plus de textes avec eux ?

30 secondes pour Mars

Tous les mois, le forum des studios WereWolf propose à ses membres d’écrire un texte de maximum 1000 mots sur un thème précis. Le thème retenu ce mois-ci était la chanson « This is war » du groupe 30 seconds to Mars. La musique ne m’inspirant pas beaucoup, je me suis basée sur le nom du groupe et du thème de la bataille pour écrire les lignes ci-après. Bonne lecture !

Flore était prête depuis plus de 15 jours, elle allait enfin affronter les meilleurs musifactors de sa génération. Des années à s’entrainer pour en arriver là. Elle allait pouvoir montrer la puissance du son qu’elle avait créé. Elle savait d’ors et déjà que son équipe était en tête des favoris mais parfois les musibattles pouvaient révéler des talents cachés si surprenant qu’une distraction soudaine de l’esprit faisait que l’on délaissait son propre son pour sombrer dans l’euphorie de l’adversaire.

En 2115, l’humanité se préparant à quitter la Terre, des nouvelles sources d’énergie ont dû être inventées. La plus puissante trouvée à ce jour : la musique. En effet, un scientifique s’est un jour rendu compte que le corps des humains est capable de générer énormément d’énergie lorsque celui-ci est stimulé par le son au point que l’esprit entre en transe. Les nations sont très vite devenues indépendantes du point de vue énergétique grâce à elle. L’énergie la moins chère et la plus écologique de tous les temps avait rapidement permis de supprimer les conflits internationaux. La musinergy a commencé à être présente partout, même dans la conquête spatiale. Des centaines de colonies hors du système solaire ont pu être créées. Plus le son du musifactor, le « musicien » en charge de faire entrer en transe les danseurs, est pur, plus la puissance de la musinergy est élevée. Des musibattles, littéralement des bataille de musique, ont commencé à voir le jour afin de trouver le son qui permettrait de faire le plus d’aller-retour avec les colonies avant la fin du monde prévue en 2116. L’unité de mesure de la musinergy est l’H2M, issue de l’anglais « hour to mars », car le premier voyage spatiale réalisé grâce à la musinergy avait permit de se rendre sur Mars en à peine une heure. La musibattle de ce soir sera l’une des dernière et le meilleur musifactor de la Terre sera révélé au monde.

Flore entra dans la pièce réservée aux prétendants musifactors. La tension se ressentait jusque dans l’atmosphère. Après tout, tous n’avait pas eu la chance de se connecter à un terminal musifactor au cours de leur vie. Avec ce dernier plus besoin de platine, de micro ou d’instruments, la musique était directement puisée dans l’esprit de l’utilisateur. C’était toute la difficulté de l’épreuve : gérer son stress, garder les idées claires et réussir à se concentrer sur la mélodie désirée. Beaucoup de participants était passés, beaucoup n’avaient pas réussi à utiliser le terminal. Flore quant à elle avait déjà eu l’occasion d’en utiliser lors de musibattles underground. Elle n’aura qu’une personne à affronter avant d’affronter un véritable musifactor pour le final. L’inventeur du procédé d’exploitation de musinergy serait là aussi, dans les spectateurs, pour entendre le son qui sauvera une partie de l’humanité.

Soudain, Flore entendit son nom.

Elle s’installa dans le musifactor. La visière translucide s’activa, elle sentit la connexion se faire dans son esprit. Pour le moment, il fallait qu’elle pense à sa première musique pour arriver en finale, si le terminal diffusait sa musique ce soir, c’est que son adversaire n’était pas de taille. Les terminaux de musibattles étaient connectés entre eux et seul le son du vainqueur était diffusé. Le décompte s’activa. 5, 4, 3, 2, 1 …

Les idées de Flore étaient très claires, un son de type k-pop des années 2010 devrait faire bon effet. Suffisamment puissant pour faire face à tout adversaire et pour masquer à son futur ennemi le vrai style qu’elle avait.

Le compteur H2M commença à bouger pour se stabiliser sur 0,75. Un score digne d’un musifactor. Elle regarda le score de son adversaire pour constater qu’il n’était qu’à 1,05. Une victoire sans effort comme elle avait prévu.

Une fois la chanson terminée, sans aucune pause pour Flore, l’annonce du combat final se fit entendre. Elle devint beaucoup moins sereine lorsqu’elle entendit le nom de son adversaire : Tom Gnosis, le meilleur musifactor depuis des années.

Sans perdre une minute, Flore commença à se concentrer sur une musique de type métal, imprévisible dans ce genre d’affrontement. Le score de Tom était proche du sien. Le comparateur des terminaux n’arriverait pas à faire de choix avec des valeurs si proches. La concentration devenait difficile, la musique créée par Tom allait finir par l’écraser avec le temps.

Dans un dernier espoir pour la victoire, elle se dit qu’elle devait tenter le tout pour le tout : changer de musique en cours de route. Cela n’avait jamais été fait mais il fallait un son plus pur face à Gnosis. Elle changea de mélodie dans sa tête, un son plus fort, plus brutal et plus enivrant, de l’eurodance des années 90. Le compteur s’arrêta subitement lors du changement pour ensuite s’emballer.

Dans la salle des techniciens, personne ne comprenait pourquoi le comparateur de musinergy partait en vrille, ça n’était jamais arrivé. Le professeur Chrisland observa son compteur personnel qui avait un accès direct aux esprits des deux combattants. Il comprit ce qu’il se passait, il rassura les techniciens.

« Ne vous en faîtes pas, l’intelligence artificielle des terminaux est en train de se réaligner, un son aussi pur n’était pas prévu ce soir, mais il fallait s’y attendre ! Messieurs, nous avons l’un de nos participants qui vient de passer en dessous la M2M ! » dit-il en jubilant.

« C’est impossible ! Moins d’une minute pour aller sur Mars !? » s’écria l’un des techniciens.

« Croyez-moi, j’ai accès aux données brutes des terminaux, le taux de musinergy de ce soir va pouvoir alimenter la planète pendant un moment. Redirigez immédiatement les capteurs sur le réseau international avant que les locaux n’explosent ! »

Les techniciens s’exécutèrent. Ils terminèrent juste à temps. Tommy avait été vaincu à plate couture, il avait réussi à atteindre les 5 M2M mais son adversaire avait atteint un seuil impensable. Flore vit le compteur H2M et comprit qu’elle avait gagné : elle avait obtenu le score des 30 secondes pour Mars.

Pour les curieux et curieuses, les musiques de Flore sont les suivantes :

  1. F(x) – Mr Boogie ;
  2. Nightwish – Ghost River ;
  3. Floorfilla – Anthem #2.

Automne

Voici le texte de la semaine, j’espère qu’il vous plaira et que vous ressentirez les sensations que j’ai voulu partager avec vous sur cette période de l’année. Si vous aimez lire en musique, je vous conseille l’album «Blue on blue» de Leigh Nash pour accompagner votre lecture.

La jeune fille était assise sur un banc. La rue était déserte. Seuls le vent soufflant dans les branches dénudées et le piaillement de quelques oiseaux se faisaient entendre. Elle contemplait les feuilles orangées jonchant le sol. Couverts de ce tapis glissant et humide à la douce odeur d’humus, les trottoirs étaient voilés par ce patchwork orangé luisant des restes de la rosée matinale qui n’avait encore était asséchée par les rayons de ce soleil automnal. Alice aimait contempler cette scène. Chaque année, elle venait ici, dans son quartier natal, apprécier ce spectacle des plus communs et pourtant si beau et si unique. Chaque année, depuis qu’elle avait 11 ans, elle revenait ici, dès que les premières feuilles tombaient, pour savourer l’odeur des feuilles commençant à se décomposer et écouter la mélodie continue et enivrante du vent. Cette année, la jeune fille avait revêtu un ensemble vert malachite et s’était fait des mèches rouges pour entrer un peu plus en harmonie avec ce qu’elle aimait appeler « son paysage de carte postale ».

De manière imprévue, le souffle du vent cessa de souffler contre les pans de sa jupe courte. Ses longs cheveux vinrent se reposer en douceur sur ses épaules. Elle frémit lorsqu’elle sentit la chaleur d’une main étrangère se poser sur la sienne. Elle se retourna tout en la retirant vivement du banc. A côté d’elle se trouvait une femme d’une trentaine d’années vêtue d’une longue robe blanche à la fois simple et sophistiquée. Sa ligne était soulignée par une ceinture tressée de couleur rouge. Son teint était assez pâle. Ses joues étaient rosies par la température ambiante. Les rayons du soleil se reflétaient dans ses cheveux d’un noir intense. Elle sourit à Alice. Cette dernière lui rendit un sourire à la fois timide et gêné. Qui était-elle ? La jeune fille n’eût pas le temps d’y réfléchir. La dame en blanc la toisait du regard, un regard désireux mais non provocant souligné par un maquillage charbonneux. De manière très calme, elle posa une question.

« Que regardes-tu ici ? »

« Je … J’aime regarder cette … rue à cette période-ci de l’année. Mais pourquoi cette question ? » demanda-t-elle avec un ton hésitant.

« J’aime aussi la contempler. Un peu comme une artiste contemple son œuvre. »

« Pardon ? » dit Alice un peu surprise.

« Je suis celle qui fait que cette rue soit la plus belle durant l’automne. Chaque feuille est placée comme je le souhaite par le souffle du vent, fixée par la rosée du matin et l’humidité de l’air, séchée par les rayons du soleil», répondit-elle sans se décontenancer.

La femme avait dit ça avec tant de calme et de certitude, sans même sourciller. Alice était intriguée et ressentait quelque chose d’étrange. Si quelqu’un d’autre lui avait répondu cela, elle se serait inquiétée pour la santé mentale de la personne mais ce n’était pas le cas. Au contraire, de la manière dont l’avait dit la dame en blanc, c’était une évidence. Alice fut de nouveau interrompue dans ses pensées.

« Cela fait maintenant 8 ans que tu reviens à la même période. De mon côté, cela fait autant d’années que je te contemple parcourir cette rue tout en appréciant les subtilités de mon travail. Veux-tu m’accompagner pour en découvrir davantage ? » dit-elle à Alice.

Alice était décontenancée, elle ne savait pas quoi répondre. La femme lui avait dit cela en souriant. Elle se mit à penser qu’elle était dans un rêve, que cette personne en face d’elle était irréelle. Comme pour l’inciter à se décider, la femme tendit sa main à Alice. Sans vraiment réfléchir, répondant à son instinct, Alice saisit la main de la dame en blanc.

« Je m’appelle Olivia. Viens, je vais te montrer ! » annonça-t-elle à Alice avec un sourire radieux.

Les deux femmes firent quelques pas ensemble et disparurent progressivement comme si le brouillard les enveloppait. Jamais plus personne n’eut de nouvelles d’Alice mais certains affirment avoir vu, lorsque les feuilles des arbres commencent à tomber, deux femmes qui s’embrassaient, enveloppées dans un étrange brouillard.

Volonté éternelle

Premier test d’écriture, je l’ai écrit un vendredi soir suite à une idée que j’ai eu pendant un repas en regardant mon verre d’eau.

Depuis des millions d’années, je vis un perpétuel combat contre mes ennemis. Je partage ce combat aux côtés de celle que j’aime. Je l’aime si intensément que lorsque nous nous croisons, nous ne formons plus qu’un. Ne former plus qu’un signifie, hélas, pour l’un la victoire sur l’autre. Tantôt je gagne, parfois c’est elle. Des victoires et des défaites qui n’en sont pas. Si sans moi elle est peu, à côté, moi, isolée, je ne suis rien. Rien ne peut défaire cette synergie qui nous unit. Aussi soudés que soit nos ennemis, que ces derniers utilisent leur magie à travers leurs flammes éternelles ou la force brute de leurs paroles, ils ne pourront jamais nous séparer.

Ô génies immatériels qui avez toujours connu le Temps, votre combat est vain ! Face à la chaleur de vos flammes, nous nous abandonnons l’un à l’autre, et nous protégeons mutuellement renforçant ainsi notre fusion charnelle grâce à l’alliance de l’Harmonie. Souvent cette alliance se brise provocant des fractures voire la destruction de nos corps mais le Temps nous renforce et nous aide à cicatriser. Nous transformons votre puissance destructrice en énergie en fournissant un abri à tous les opprimés de votre pouvoir. Ces opprimés apprennent à leur tour à se défendre et exploiter votre puissance. Bien sûr, par rapport à nous, ils ne sont Rien mais, à chaque instant, leurs rangs s’agrandissent pour vivre le grand Amour que vous nous empêchez de vivre la Terre et moi-même. Ils ont pour alliée la Vie, ils la représentent et la constituent à travers le Monde. En eux circule l’essence même de mon corps et ce n’est ni le feu du Soleil ni le souffle du Vent qui viendront à bout de la volonté de l’Eau.